Biographie

Abdourahman A. Waberi est né le 20 juillet (comme Frantz Fanon) 1965 à Djibouti ville, dans ce qui était encore la Côte française des Somalis (ex-Territoire français des Afars et des Issas, actuelle République de Djibouti indépendante depuis 1977). Il a quitté son pays en 1985 afin de poursuivre des études d’anglais aux universités de Caen et de Dijon, en France. Admirateur déclaré du Somalien Nuruddin Farah, auquel il a consacré un DEA, il a publié depuis 1994, aux éditions Le Serpent à Plumes, Gallimard et JC Lattès, sept ouvrages de fiction (nouvelles, romans, récits).

La Trilogie : accoucher d’un pays

Marquées par une écriture très libre et riche en métaphores, où la fable côtoie une critique politique virulente, les fictions de Waberi s’inscrivent dans la continuité d’une production poétique baignée par l’atmosphère et les paysages de la Corne de l’Afrique.

Son premier ouvrage, “Le Pays sans Ombre”, paru en 1994, largement priméobtient le Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique. Constitué de courts textes, il brosse le portrait en kaléidoscope d’un pays terrassé par ses fièvres, ses famines et ses guerres. Contes, légendes, récits documentaires et extraits d’articles de journaux font se superposer, tout au long de dix-sept nouvelles, un pays imaginaire, mythique et un pays réel en prise directe avec l’actualité politique. “Cahier nomade”, deuxième recueil publié en 1996, s’inscrit dans une perspective ambitieuse : écrire l’abandon d’un pays, une histoire en marge de l’Histoire depuis la décolonisation. Le dernier volet de la trilogie sur Djibouti, “Balbala”, paraît en 1997. Dans ce roman d’un pays livré à la corruption et aux intrigues, les voix de Waïs, Dilleyta, Yonis et Anab s’élèvent pour réclamer paix, liberté et justice. Ce défi au pouvoir en place leur coûtera cher…

Le Rwanda : un témoignage

Abdourahman A. Waberi a écrit “Moisson de crânes” (Le Serpent à Plumes, 2000), consacré au génocide rwandais, et un nouveau recueil, “Rift routes rails” (Gallimard, 2001), marqué par l’exil et la dérive d’un continent dépossédé de son passé et de ses traditions. Dans les deux cas, l’auteur souligne les déchirements et les errance de l’Afrique noire : “Moisson de crânes” se veut un témoignage et tente d’exprimer l’indicible horreur des massacres.

Traversée, transit

“Rift routes rails” illustre une tentation du voyage perpétuel qui sous-tend tout le travail de Waberi. En 2003 paraît chez Gallimard son second roman “Transit” sur le double thème de la guerre civile et de l’exil. L’auteur a également réuni ses poèmes dans “Les nomades mes frères, vont boire à la grande ourse” (Pierron, 2000).

Aux Etats-Unis d’Afrique

Son dernier roman “Aux Etats-Unis d’Afrique” (Editions Jean-Claude Lattès, janvier 2006) connaît un succès critique et public en France et à l’étranger.

Ses récits, nouvelles et articles ont été publiés par les journaux et revues tant africains qu’internationaux (Lettre International, Libération, Le Monde, Le Monde diplomatique, Il Manifesto, Jeune Afrique, Il Straniero, Le Courrier de Genève, Frankfurter Rundschau, Grand Street, The Mail & Guardian, The Literary Review, Harper’s etc) et dans une vingtaine d’anthologies. Recipiendiaire de la plus prestigieuse bourse de création allemande (DAAD Berliner Kunstlerprogramm) en 2006, Abdourahman A Waberi a vecu à Berlin. Depuis l’automne 2007, il est Donald and Susan Newhouse Humanities Fellow au Wellesley College, près de Boston.

Son œuvre est traduite en une dizaine de langues.



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