27 avril 2007
"There are those who are born of the sun/ Who, by their lips, give life to the withered leaf" (1) Mazisi Kunene
1. grand jour/ la nuit rêveusement nue/ avalées les étoiles/ le lance-pierre du jour/ attend que le soleil pique son fard/ sur la mer inféconde/ nous habitons au seuil du soleil/ vous ne me croyez pas ?/ venez visiter ma maison/ si le coeur vous en dit/ les couleurs du jour/ remontent du puits/
(la nuit)/ la haine verticale se joue du corset tribal/ les notes spiralées du muezzin/ (vacher de l’aube)/ viennent de donner le signal aux étoiles moribondes/
2. échos bohèmes pour poème nomade/ sur cette terre le poète se meurt/ il ne vit que dans le sérail du souvenir/ et accumule des menus travaux/ des fines aquarelles/ des parcelles de vie/ une vie encore supportable nous vaut une aimable farce/ pas de quoi morigéner une enfance rétive/ au lait du jour/ je préfère l’encre de la nuit/ l’humanité est un maillage/ et que dire de ce grand ciel/ couleur de terre ?
(1) : (Il y a ceux qui, enfantés par le soleil,/Donnent vie de leurs lèvres à la feuille flétrie), "Return of the Golden Age" in The Ancestors and the Sacred Mountain, Londres, Heinemann, 1982. Mazisi Kunene, poète sud-africain né en 1930, écrit ses textes en zoulou et traduit lui-même en anglais.