Culture post-coloniale 1961-2006 : Traces et mémoires coloniales en FranceCinquante ans après le début de la guerre d'Algérie et la défaite indochinoise, la France redécouvre son passé colonial. Néanmoins, il lui reste à découvrirqu'elle est aussi une société post-coloniale, que la colonisation a "fait retour" en métropole et a marqué en profondeur de nombreux champs de la culture, de la politique et le débat sur les mutations contemporaines de la société française. Ainsi, au cours de ces cinq dernières décennies, bien des phénomènes demeurent liés à la période coloniale et à ses héritages : la coopération s'est installée, la francophonie a émergé, les immigrations post-coloniales se sont poursuivies, le débat sur l'esclavage est réapparu dans notre présent, la concurrence des mémoires s'est envenimée, les représentations du monde et de l'Autre se sont vues liées au "temps des colonies", la littérature s'est abreuvée d'influences et d'auteurs issus des ex-colonies, le "tourisme ethnique" est devenu un produit de consommation courante... Tout cela forme notre culture post-coloniale contemporaine. Celle-ci est faite d'héritages métissés, recomposés,qu'il s'agit d'interroger dans la longue durée. Le surgissement de mémoires coloniales concurrentes, les rebondissements législatifs de février 2005 liés au rôle supposé "positif de la colonisation" et les émeutes de novembre 2005 nous obligent désormais à aborder sans détour, mais aussi sans systématisme, la question post-coloniale. Des lois sur le rôle supposément positif de la colonisation à la révolte des « Indigènes de la République » en passant par les remous anti-français en Côte-d’Ivoire et l’embrasement des banlieues à l’automne 2005, il semble que la France n’en finisse pas de payer son rôle passé et ses faiblesses présentes vis-à-vis des anciens colonisés devenus, pour certains d’entre eux, des Français à part entière qui continuent cependant à subir des discriminations de fait.En entomologistes de la culture et de l’histoire française, Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel achèvent avec ce volume la trilogie entamée en 2003 aux Editions Autrement. La thèse des auteurs est provocatrice : la colonisation, loin de n’asservir que les colonisés, a surtout teinté la psyché collective française d’un colonialisme dont nous avons toujours du mal à nous défaire. De là un « passé qui ne passe pas » et un présent marqué du sceau de la rancœur entre des « communautés », que la République ne parvient plus à cimenter. De la crise algérienne à nos jours, ce collectif d’auteurs clés nous éclairent sur nos ambivalences contemporaines.
Tanella Boni - Florent Couao-Zotti - Aida Mady Diallo - Alpha Mande Diarra - Ousmane Diarra - Fatou Diome - Boubacar Boris Diop - Kossi Efoui - Fatou Keïta - Moussa Konaté - Alain Mabanckou - Jamal Mahjoub - Achille N'Goye - Ludovic Obiang - Jean-Luc Raharimanana - Sami Tchak - Abdourahman Waberi - Zoé Wicomb - Michel Le Bris